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Fr. Albéric libraire de l’abbaye de soligny la trappe a lu pour vous ..

Prophètes et prophétisme.


Prophètes et prophétisme.

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Sous la direction d’André Vauchez,


Biographie André Vauchez clic ICI
histoire et Spiritualité
Seuil, février 2012. 476 pages, 23,50€

Beau travail d’un collectif d’auteurs reconnus qui rend accessible dans toute sa richesse, a un large public, le phénomène du prophétisme dans la bible et dans l’histoire du christianisme de l’antiquité à nos jours.
Alors que dans le premier testament le prophète avec Moïse conduit le peuple jusqu’à la révélation du Seul et Unique Vrai Dieu, qui conclue une alliance avec les hommes sur le mont Sinaï, ses successeurs d’une certaine façon, se borneront à l’occasion des épreuves, à rappeler au Peuple que cela est dû à son infidélité aux commandements divins.
Or avec le Christ, la prophétie, la Promesse de Salut pour tous les hommes, s’accomplit dans l’incarnation du Fils de Dieu en Jésus-Christ, et donc en principe il ne devrait plus y avoir besoin de prophètes.
Force est pourtant de constater que l’esprit de prophétie a perduré au travers des vingts siècles que nous venons de vivre et donne encore des fruits dans l’Église aujourd’hui, ne serait-ce que sous la forme des mouvements charismatiques reconnus.

Avec huit communications d’une cinquantaine de pages chacune, nous découvrons le prophétisme biblique, le prophétisme chrétien, de l’Antiquité tardive à la fin du Moyen Âge, le prophétisme chrétien, de l’inquiétude à la Révolution(XVe-XVIIe siècle), le prophétisme de la Révolution à la grande guerre, le futur antérieur, le prophétisme européen au XXe siècle, les Prophètes d’Afrique noire au XXe siècle, le prophétisme dans l’Amérique latine contemporaine, et le prophétisme en Amérique du nord.
Chaque section état accompagnée d’une bibliographie où les passionnés pourront approfondir chaque sujet.
En tout état de cause ce livre permet de mesurer tout le travail de discernement que l’Église catholique, en la personnes de ses évêques, a toujours été obligée d’accomplir et ce jusqu’à nos jours pour séparer bon grain et ivraie, dans un domaine où la plus authentique spiritualité peut souffrir des faiblesses psychologiques des uns et de manipulations et récupérations par les autres sous la pression d’enjeux politiques ou économiques évidents.
Bon outils de décryptage de certains discours tant cléricaux que politiques contemporains ... Outil passionnant et utile.

Sélection du frère libraire, avril mai 2012


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EXTRAIT : Prophètes et prophétisme.

De la Bible et de ses livres de l’Ancien Testament, le monde juif
reçoit depuis au moins vingt-trois siècles le « prophétisme » et les
« prophètes », et le christianisme depuis une vingtaine. Est-il nécessaire
de le rappeler au seuil d’un ouvrage qui leur est consacré ?
N’y a-t-il pas pléonasme à qualifier immédiatement de « bibliques »
ces prophètes (et prophétesses) comme ces livres ? Mais transcrits
du grec, le mot « prophète » et ses variantes sémantiques ne sont
d’abord rien moins qu’assurés de cette qualification, car ces termes,
issus d’un hellénisme qui n’eut longtemps rien à voir avec l’univers
biblique, imposent à la langue originelle de la Bible, l’hébreu, une
réalité autre.
Ainsi, le mot grec « prophète » surgit dans le corpus biblique à
partir du IIIe siècle av. J.-C., lorsque les traducteurs d’Alexandrie
l’introduisirent, d’abord dans les cinq premiers livres de la Bible,
qui reçoivent du grec la dénomination de « Pentateuque », et ce
bien avant – un siècle au moins – qu’il ne fût appliqué aux livres
proprement « prophétiques ».
Questions de vocabulaire
Du grec, le substantif prophètès et le verbe prophèteùô ne s’imposent
donc pas a priori comme correspondant au substantif hébreu
nabi (et nebî’à au féminin) et au verbe nibbe’ (et hitnabbe’), même
si, à force d’usage et d’habitude, ces termes ont fini par paraître
en équivalence. Les données des textes de deux cultures d’abord
totalement étrangères l’une à l’autre fournissent des références difficiles
à établir en similitude de signification. Ainsi dut-il y avoir
une nécessaire prise de décision de la part des traducteurs juifs
prophètes et prophétisme
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alexandrins pour appliquer les termes grecs de prophètès et prophèteùô
en lieu et place des termes hébraïques nabi et nibbe’. En effet,
appelés à recouvrir un mot hébreu et ses apparentés, ces termes
grecs relèvent d’abord d’arrière-plans spécifiques qui ne pouvaient
immédiatement coïncider avec les termes hébraïques relevant d’un
autre champ culturel et religieux.

Pour saisir l’enjeu des choix alexandrins et de cette décision,
s’impose ici de commencer par voir en quels lieux apparaissent ces
termes : non point d’abord dans les livres dits généralement « prophétiques
 », mais dans les cinq premiers livres traduits, le « Pentateuque
 ». C’est donc dans le Pentateuque que devaient surgir pour la
première fois aux yeux des familiers de l’original hébreu les termes
de prophètès et prophèteùô comme aux yeux de ceux qui ne les aborderaient
qu’en grec.
Sans doute les traducteurs qui commencèrent
par ces livres premiers savaient-ils vers quoi eux ou leurs successeurs
auraient à se diriger, les livres proprement « prophétiques »
du corpus biblique, qu’ils n’ignoraient évidemment pas.
Il n’empêche qu’en attendant le IIe siècle av. J.-C., c’est d’abord là que la
traduction devait produire ses effets et donc instruire le lecteur,
aussi familier soit-il de l’hébreu de ces premiers livres avec leurs neviim, c’est-à-dire leurs prophètes.
Ainsi le substantif « prophète » surgit-il en une vingtaine d’occurrences
entre la Genèse et le Deutéronome (Gn 20,7 ; Ex 7,1 ; 15,20 ;
Nb 11,29 ; 12,6 ; Dt 13,2.4.6 ; 18,15.18.20.22 ; 34,10), tandis que le
verbe grec « prophétiser » apparaîtra par deux fois dans un passage
du livre des Nombres (11,25-26). Aussi ne peut-il être que significatif
de voir ce que les termes grecs sont d’abord appelés à couvrir,
l’intelligence précise d’un concept dans un narratif et un exhortatif
propres à ces cinq premiers livres, c’est-à-dire des livres placés
en commencement et donc destinés à servir de fondement – et de
fondation – à Israël, pour sa législation comme pour son histoire.
Justement, c’est l’ancêtre par excellence, le premier patriarche,
Abraham, qui, le premier, est qualifié de « prophète ».
Abraham ayant fait passer sa femme, Sara, pour sa sœur auprès du roi de
Gérar, Abimélek, ce dernier la fit enlever.
Menacé en songe par Dieu pour cet acte, Abimélek plaide sa bonne foi et reçoit de Dieu

cette réponse :
Moi aussi je sais que tu as fait cela en bonne conscience, et c’est
encore moi qui t’ai retenu de pécher contre moi ; aussi n’ai-je
le prophétisme biblique
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pas permis que tu la touches.
Maintenant, rends la femme de cet homme : il est prophète et il intercédera pour toi afin que tu vives… (Gn 20,6-7a).
Puis c’est le prêtre Aaron qui, dans l’Exode, est chargé d’être
le « prophète » de son frère Moïse, lequel à l’appel de Yhwh avait
argué de ses difficultés d’expression orale pour se dérober devant
la mission auprès de Pharaon (Ex 6,30 ; cf. Ex 4,10 et 6,12) ! Qu’à
cela ne tienne : fait « dieu » par Yhwh, Moïse aura Aaron comme
« prophète ».
Le frère transmettra donc à Pharaon les paroles que Moïse lui aura confiées au nom de Yhwh.
Toujours dans la famille de Moïse, c’est au tour de sa soeur,
Myriam, d’être dite « prophétesse », mais sans plus de précision, au
moment où elle s’apprête à diriger le chœur des femmes chantant
Yhwh qui vient de sauver son peuple de la noyade dans la mer des
roseaux (cf. Ex 15,20-21).
L’application de la qualité de « prophète » ou de la qualification
« prophétique » devient une sorte de généralité dans le livre des
Nombres qui, par-delà le livre du Lévitique, continue l’histoire
engagée dans le livre de l’Exode.
Ici, ce n’est plus un seul personnage qui est dit prophète, tel Abraham ou Moïse, mais une véritable assemblée, celle des Anciens convoqués par Moïse, et sur lesquels se répandra l’esprit de Yhwh qui reposait déjà sur Moïse.
Ces soixante dix hommes « prophétisèrent » donc mais, ajoute le récit, ils ne recommencèrent plus (Nb 11,24-25). Deux d’entre eux cependant, Eldad et
Médad, à l’étonnement de leur entourage, continuèrent de prophétiser.
Et Moïse, averti et prié de les en empêcher, rétorqua : « Puisse
tout le peuple de Yhwh être prophète ! » (Nb 11,26-29).
Un peu plus tard, la convocation de la fratrie mosaïque par Yhwh vient confirmer ce prophétisme familial, avec cependant des précisions non négligeables : Yhwh distingue Moïse auquel il s’adresse face à face, tandis
qu’aux autres, c’est en vision ou en songe qu’il parle (Nb 12,4-8).
Ainsi, dans le cours narratif qui va de la Genèse au livre des
Nombres, depuis la première mention du « prophète » Abraham
jusqu’à ces épisodes rapportés de Moïse et de son entourage, le
prophétisme s’avère attribut et caractérisation d’un personnage qui
bénéficie d’une intervention divine, soit qu’il ait été désigné comme
prophète, soit qu’il ait témoigné de l’esprit spécial qui caractérise
ce dernier, Moïse paraissant à cet égard particulièrement valorisé
et quasi incomparable...........

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